Thé Oolong millésimé (1968) et bouillonnement matinal des réflexions

Je ne me lancerai pas dans les métaphores théières ce matin. Appréciant aussi l’oeuvre et la verve de mon ami Thierry Dimanche, poète, mycologue et intégrateur de thèmes théiers dans sa poésie www.voir.ca/infocenter/Book.aspx?zone=1&section=10&book=2032, je ne chercherai pas non plus à ajouter ce type d’infusion littéraire à mes textes. Toutefois, j’ai quitté ma tanière de Saint-Liguori hier pour aller rendre un service à ma copine, fine fleur de la gente féminine, feuille de thé blanc, aiguille d’argent (j’ai flanché, métaphoriquement parlant, ici, mea culpa), à Montréal. Les hasards de mes courses m’ont mis sur le chemin de quatre poètes. Récit qui n’aurait pas tenu dans un roman sur le milieu, mais amorce  de tension vibratile qui me donne à penser que les hasards sont parfois administrés par un narrateur omniscient goguenard. Je n’irai pas jusqu’à dire que Dieu tient les fils de la narration, comme Patrick Senécal le propose, dans son livre fort bien mené, Contre Dieu, car ma part athéiste est violemment radicale (c’est pour la forme, je suis un peu comme Quignard, j’aime aller me réfugier dans les églises, même mécréant).

Ainsi donc, je déclare avoir bu un Oolong millésimé (1968), en me réveillant avec ma copine ce 20 janvier, occupation fort snob, je l’admets, le goût du thé millésimé (arôme de cuir mouillé, d’humus, vague odeur de caramel, de jus de morille), même si sa description peut sembler éloquente, ne m’a pas jeté par terre. Dans le fond, le même Bai Hao, celui de l’année dernière, en Oolong, était plus inspirant et goûteux à mon avis. Mais parfois, il faut passer par toutes les arcanes de la snoberie, avant de découvrir que revenir à ce que l’on avait aimé reste la seule recette de connivence culturelle qui vaille.

Maintenant, au sujet de ce récit improbable de rencontres. Vers 14h10, hier, sur la Saint-Denis, j’ai croisé François Guérette (le reconnaissant après qu’il m’ait interpellé, mon disque dur de visage ayant pris du temps à trouver les correspondances baudelairiennes associées aux joues, mâchoires, yeux, barbe, sourire etc.). À mon retour au métro Montmorency, en déposant mon sac débordant de livres (mon passage à la BAnQ, toujours aussi fructueux), François Turcot m’a reconnu, entraînant une conversation qui nous plongea dans des commentaires mutuels sur nos exils campagnards (rien à voir avec Poète et paysan de Jean-Louis Fournier, sinon l’humour au menu, bien nécessaire à certains moments). Quelques minutes plus tard, Patrick Poulin et Hector Ruiz sont venus s’agglomérer à notre noyau conversationnel. Il faut dire que les trois derniers poètes croisés sont des professeurs au Cégep Montmorency, ce qui explique cela.

+++

Avant le thé, la bouilloire de ma tête au repos le matin produit des bulles. Je vous raconte. Le matin, étant donné que mon sommeil, quoique profond la plupart du temps, se transforme alors en bonds, sautillant de la conscience à la somnolence, sur le dos, yeux fermés, je rejoins cette zone climatique cérébrale, sorte d’Eldorado des idées, centre névralgique, serveur de Google, lieu dans lequel je me propose d’examiner toutes les avenues littéraires possibles en regard d’un projet en cours. En somme, je teste dans le vide, le matin, en somnolant, toutes les options créatives qui s’offrent à moi.

C’est en me posant des questions sur la pratique des dédicaces, en prévision du lancement du collectif Être un héros www.facebook.com/home.php?#!/event.php?eid=138617889532977, le 2 février à la librairie Le port de tête, que j’ai résolu de me faire fabriquer un tampon.  Je dois avouer que je prends un vilain plaisir à dédicacer des livres, non pas pour la gloriole, mais pour le défi de rédaction que cela implique. Aligner la même formulation à tous me semble d’une paresse créative désolante. Étant donné le nombre d’auteurs impliqués dans ce collectif, neuf, il va de soi que l’espace qui nous sera imparti sera exigu. J’ai donc pensé à commander un tampon de petite taille, sur lequel on pourra lire BERTRAND LAVERDURE, NARRATEUR OMNISCIENT et EXPERT EN: Inscription faisant référence à la thématique de Scrap it !, ma contribution nouvellistique à ce collectif.

Plusieurs autres décisions créatives ont été prises ce matin, lors de cet exercice de bouillonnement de pensées.

Je reconnais que ce n’est pas la plus inspirante que j’expose ici. Elle relève plus de l’anecdote risible (dites-le, je sais qu’il y en a parmi vous qui vont trouver ça particulièrement ridicule).

Je l’admets.

Mais j’ai décidé de tenir un blog, non pas d’écrire un roman à chaque jour. Cette preuve de lucidité vous soulagera sans doute rendu ici.


Devenez fan de ce Blog :
Published in:Uncategorized |on janvier 20th, 2011 |

You can leave a response, or trackback from your own site.

J'ai 45 articles, devenez Fan de mon Blog :


Créer un Blog | Nom Domaine | Créer Forum | publicité | Tags | Signaler Abus
culture | actualités | politique | bebe | finance | justice | ecologie | sport | sante
net | grossesse | jeux | droit | voyage | design | livre | internet | grippe | photos
iPhone | famille | nature | europe | emploi | enfant | web | Top | New | Nouveaux